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2011
Pied à Terre
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Le cimetière de Sapanta

LE CIMETIÈRE DE SAPANTA, ROUMANIE

Cimetière dit gai ou  joyeux



À l'extrême nord des Maramures, pays du bois, tout près de la frontière ukrainienne, dans le village de Sapânta,un cimetière unique au monde : une multitude de croix de bois aux couleurs éclatantes conte un demi-siècle de la vie du village. Qualifié de "joyeux", par les touristes venus ici dans les années 60, ce cimetière est en grande partie l'oeuvre de Stan Ioan Patras (1909-1977).
Tout a commencé en 1934 quand, ébéniste local, Patras a demandé que la future croix de sa tombe, préparée avant sa mort, taillée dans du bois de chêne, soit décorée de couleurs vives Pendant de nombreuses années il a consacré sa vie aux morts en leur confectionnant un hommage personnalisé. Pour chacun, une petite scène en bas-relief représente un des traits majeurs de l'individu ou les circonstances de sa mort. En dessous, une épitaphe complète le dessin, souvent avec humour et tendresse. Sa couleur préférée, le bleu, fut nommée « bleu Sapanta » par les experts ultérieurs. Il utilise des couleurs symboliques : Vert, la vie ; Jaune, la fertilité ; Rouge, la passion ; Noir, la mort.
Un livre d'images : plus de 700 tombes qui immortalisent le défunt par un trait de caractère sculpté sur une croix de bois ciselée et surmontée d'un auvent. Soit un véritable musée ethnographique. Le sculpteur a traduit dans un court poème la tristesse des vivants et les réalités parfois dures de la vie des défunts. Chaque épitaphe est écrite à la 1ère personne. Sur certaines d'entre elles, une face raconte la vie et l'autre la mort du défunt.
Son successeur ,"Dimitri Pop" dit "Tincu", fut son élève dès l'âge de neuf ans. Il s'installa dans sa maison à Hoteni, pour prendre la suite..
Cette oeuvre fait partie du Patrimoine de l'UNESCO depuis 2004. Ce cimetière fut classé en 1998 au premier rang en Europe et au deuxième niveau mondial, après la "Vallée des Rois" en Égypte.
On associe ce cimetière à la culture des Daces dont la philosophie se basait sur l’immortalité et qui considéraient la mort comme un moment de joie car le défunt arrivait dans une vie meilleure. Les Daces, peuple indo-européen, occupaient un territoire situé entre les Carpates, le Danube et la mer Noire. De leur nom dérive le nom romain de ce territoire, la Dacie. Appelés Gètes par les Grecs et Daces par les Romains, ils faisaient partie de la grande famille des Thraces et leur présence est attestée depuis la haute Antiquité. Ils parlent un dialecte thrace (langue indo-européenne). Leur religion semble fondée sur les  divinations et les initiations.
Selon le rituel du décès, le défunt reste trois jours chez lui afin que parents et amis puissent se recueillir. Au moment de l'enterrement, un cortège accompagne le cercueil dans tout le village pour un dernier "au revoir". Puis de l'église, il rejoint le cimetière, et un repas est organisé chez la famille en compagnie du Pope. Ce repas, appelé "Pomana", est constitué d'un riz pilaf à la poule, de sarmalés (feuilles de choux farcis). 45 jours après le décès une nouvelle "Pomana", puis 6 mois après, ensuite le défunt est commémoré chaque année.




Épitaphes

1
" Ici, c'est moi qui repose
Pop Grigore est mon nom
J'ai aimé le tracteur
Et me consoler avec l'alcool
Triste j'ai toujours vécu
Car mon père m'a quitté petit
Ce fut peut-être mon destin
J'ai vite quitté la vie
La mort me prit jeune,
A 33 ans. "


2
La Tuica (alcool très fort) est un venin propre
qui apporte souffrance et pleurs, comme à moi.
La mort sous les pieds, elle m'a conduite...
Si vous aimez la Tuica comme moi, il vous arrivera la même chose qu'à moi.
J'ai tant aimé la Tuica que je suis mort avec elle entre les mains.
Ici repose Dimitru Holdis - 45 ans, mort de mort forcée en 1958.

3
Là que je reste, moi Gheorghe moldave de mon nom.
J'ai travaillé avec les chevaux durant toute mon existence et maintenant je les attelle pour aller chercher du bois pour le vendre à ceux qui n'en ont pas.
Ma route se termine pour enfin me reposer, mais j'aurai voulu vivre plus longtemps afin de ne pas me retrouver en poussière.
J'ai quitté ce monde à l'âge de 59 ans.
Décédé en 1986.   "

4
Stan Ion Patras  (1908-1977)
Quand j'étais petit, on m'a appelé Stan Ion Patras.
Braves gens, voici les paroles de mon coeur que je vous confie
"Chaque jour de mon existence, j'ai voulu apporter de l'aide
à celui qui le demandait dans la mesure de mes moyens
sans vouloir un seul instant faire du mal à quiconque,
Ah, ce "Monde de Pauvres",
Qu’il y est difficile d'y vivre...
Sur cette croix que j'ai commandée pour moi-même
à deux de mes élèves qui l'ont conçue à mon goût
Turda Toader et Stan Vasile
Que Dieu les protège.

5
Dès l'âge de 14 ans, j'ai dû gagner ma vie
en coupant du bois dans la forêt avec ma hache et mon "tapin"
C'était un travail épuisant.
Mon père est parti à la guerre et il n'en est point revenu
Nous étions trois petits enfants
seuls contre tous les soucis et les méprises de la vie.
Ah, comme j'aurais aimé vivre encore plus,
pour prendre le temps d'accomplir mes rêves...

 
Cimetières marins

La Guadeloupe suite : Cimetières marins

Anse Bertrand, à l’extrême nord de Grande-Terre, fut le lieu de refuge des Indiens Caraïbes qui fuyaient les premiers colons. Peu à peu, leurs descendants cédèrent leurs terres aux colons venus y cultiver la canne à sucre et le coton. C'est ainsi qu’en 1790 on y comptait 12 cotonneries, 24 moulins à vent et 21 sucreries.

Bouillante, au sud de Basse-Terre, l'un des plus anciens bourgs de la Guadeloupe, fut  baptisé "îlet-aux-Goyaves" lors de sa fondation au XVIIème siècle.
Son nom actuel provient des nombreuses sources d'eau chaude (80° environ) qui jaillissent un peu partout dans les environs, y compris sous la mer.
Gosier : son nom vient du pélican appelé, au 17ème siècle, grand-gosier du fait de l'importance de son bec et de sa poche. Ces oiseaux avaient pris l'habitude de venir manger des alevins et des petits crabes en bordure de la Grande Baie, juste avant l'entrée de la ville. C'est aussi le lieu d'arrivée, tous les quatre ans, de la fameuse Route du Rhum, ralliant Saint-Malo au Gosier.
Baie-Mahault fait office de porte d'entrée pour l'île de Basse-Terre lorsqu'on vient de la Grande-Terre. Sur son territoire se trouve la zone industrielle de Jarry Houelbourg qui est le cœur économique de la Guadeloupe.
Le "mahault" : arbre fréquent dans  cette région, de la même famille que le palétuvier.
Port-Louis, au nord-ouest de Grande-Terre, fut d'abord appelée Pointe d’Antiques avant de porter le nom de Louis XIV. Rebaptisée sous la Révolution Port Libre, elle retrouve son nom actuel au XIXème siècle.
Saint-François


 
Salon de la mort

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Salon

 
La Guadeloupe

La Guadeloupe

Larbre_du_voyageur

« L’arbre du voyageur »
Ainsi nommé car il retient l'eau de pluie et permet ainsi au voyageur de se désaltérer.

 

Le tour des cimetières de La Guadeloupe nous a menés des cimetières marins de Grande-Terre et de Basse-Terre -Anse Bertrand, Baie-Mahaut, Bouillante, Gosier, Port-Louis, Sainte-Anne, Saint-François-  au cimetière de la capitale Pointe-à-Pitre.

Constantes : tombes ornées de carrelage -noir et blanc ou de type salle de bain-, ou pour les plus pauvres délimitées par des coquillages. Ces coquillages -strombophones ou lambis- sont tantôt instruments de musique tantôt éléments culinaires. De multiples bougies, soit récentes soit datant de la Toussaint précédente, rougissent les tombes.

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Anse Bertrand, à l’extrême nord de Grande-Terre, fut le lieu de refuge des Indiens Caraïbes qui fuyaient les premiers colons. Peu à peu, leurs descendants cédèrent leurs terres aux colons venus y cultiver la canne à sucre et le coton. C'est ainsi qu’en 1790 on y comptait 12 cotonneries, 24 moulins à vent et 21 sucreries.

Port-Louis, au nord-ouest de Grande-Terre, fut d'abord appelée Pointe d’Antiques avant de porter le nom de Louis XIV. Rebaptisée sous la Révolution Port Libre, elle retrouve son nom actuel au XIXème siècle.

Morne-à-l’Eau, bourg au cœur de Grande-terre fondé en 1827, est connu, en Guadeloupe pour sa fête du crabe à Pâques -hélas nous y étions en janvier-, et internationalement pour son cimetière :
« À cette époque encore, beaucoup de morts étaient enterrés sur les plantations, et seuls les plus riches, les familles nobles, avaient les moyens de s’offrir une belle sépulture.  Même dans les cimetières, on ne mélangeait pas les maîtres et les esclaves. Aujourd’hui, toutes les couches de la société sont représentées, de la famille de planteurs békés au modeste agriculteur, en passant par une fondatrice du Parti communiste guadeloupéen ».
Le marbre ou le granit sont proscrits ; l’immense majorité des caveaux (au nombre de 1800) sont  essentiellement en carrelage de faïence noir et blanc, parfois en ciment.
Rituellement, quinze jours environ avant la Toussaint, commence un grand nettoyage. Les mauvaises herbes sont arrachées ; on repeint les tombes afin qu’elles soient belles pour la fête des morts. Le 1er novembre au soir, les familles se retrouvent pour se recueillir sur les tombes de leurs défunts dans une ambiance de fête. Vendeurs de bokits(1), de pistaches(2) et de sinoballs(3)  pullulent (comme au Mexique).
1 sandwiches guadeloupéens
2 cacahuètes
3 glaces au sirop

Pointe-à-Pitre, la capitale, est située à l’ouest de Grande-Terre, sur la mer des Caraïbes.
Ce nom proviendrait de « pointe à Peter », du nom d’un pêcheur hollandais, installé au 17ème  siècle sur une pointe faisant face à l’îlet à Cochon.
Le nom de la commune provient d'un anthroponyme. Un pêcheur, Peter, Hollandais exilé du Brésil, se serait installé au 17ème  siècle sur un bout de terre perdue en pleine végétation sur la pointe de la Grande-Terre. Démarrant par la vente de poissons, il aurait, selon certaines interprétations, développé son commerce. Alors que nombre de bateaux marchands et autres corsaires voguaient dans les eaux guadeloupéennes, Pitre aurait créé un négoce pour tous les navires de passage dans la rade. L'endroit serait vite devenu incontournable pour ces navires qui y trouvaient de quoi acheter ou échanger biens, vivres ou munitions. Tous les marins allaient chez Pitre à la pointe. Devenant ainsi la pointe à Pitre, la ville reçoit officiellement son nom en 1772.
Le cimetière, situé sur la colline calcaire, le « morne Miquel » (ancienne propriété Miquel), fut créé en 1807 suivant un plan rigoureux : voie principale pavée à l’ancienne, allées secondaires. L’art funéraire éclectique témoigne de l’évolution de la ville.
Les carrés portent en général un nom d’arbre, parfois le nom d’un quartier de la ville (Miquel), ou se réfèrent aux « hôtes » : carré Gendarmerie, carré des Anges (jeunes enfants), carré Spirituel (prêtres et religieuses), carré des Suicidés, carré des Mauvais Garçons, ou à des catastrophes naturelles, carré des Victimes du Choléra (1865), carré des Cyclonés (1928).

Gosier : son nom vient du pélican appelé, au 17ème siècle, grand-gosier du fait de l'importance de son bec et de sa poche. Ces oiseaux avaient pris l'habitude de venir manger des alevins et des petits crabes en bordure de la Grande Baie, juste avant l'entrée de la ville. C'est aussi le lieu d'arrivée, tous les quatre ans, de la fameuse Route du Rhum, ralliant Saint-Malo au Gosier.

Le port de Sainte-Anne
était le siège de l'Amirauté au 17ème siècle. Il permettait aussi l’embarquement du sucre et du rhum. Au début du 20ème siècle, la commune comptait encore 34 sucreries.
Les plages de sable blanc sont protégées par une barrière de corail où miroite une eau claire se dégradant du bleu au vert. Lagons et cocotiers sont les symboles de ce village qui fut détruit en quasi-totalité lors du passage du cyclone Hugo.

Baie-Mahault fait office de porte d'entrée pour l'île de Basse-Terre lorsqu'on vient de la Grande-Terre. Sur son territoire se trouve la zone industrielle de Jarry Houelbourg qui est le cœur économique de la Guadeloupe.
Le "mahault" : arbre fréquent dans  cette région, de la même famille que le palétuvier.

Bouillante, au sud de Basse-Terre, l'un des plus anciens bourgs de la Guadeloupe, fut  baptisé "îlet-aux-Goyaves" lors de sa fondation au XVIIème siècle.
Son nom actuel provient des nombreuses sources d'eau chaude (80° environ) qui jaillissent un peu partout dans les environs, y compris sous la mer.


Nous visiterons tout d’abord les cimetières des terres, Morne-à-l’eau et Pointe-à-Pitre, puis des cimetières marins.

 


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